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Carnet de voyage
Le mois de septembre, la rentrée des classes, le train-train quotidien pour tout le monde: même pour nous. Après trois jours de congé, nous reprenons la route. Il nous reste encore quelques étapes à franchir. À Grand Haven, il n'y a pas beaucoup d'industries, on constate qu'il y a beaucoup de bateaux de plaisance et de pêche, donc beaucoup de touristes. La ville est organisée en conséquence: concert en plein air, jeux d'eau et de lumière en soirée, promenade pour piétons, cyclistes et patineurs très bien aménagée.
South Haven,MI 2003 09 02
Quand il fait beau comme aujourd'hui et que la mer
est calme, on se réconcilie avec le lac Michigan. 41 milles en 7
heures. A 16h, accostés, il fait encore 78-80, oups! sont
pas encore convertis en Celcius donc, il fait 27. On devait arrêter
à Holland mais comme tout bons navigateurs, quand le temps est propice,
on avance. Et c'est chiiiic ici. J'étendrais pas mon linge
sur la corde que Serge a installée dans le cockpit.
On approche de Chicago, les places à quai sont difficiles à trouver dans le coin. Impossible de réserver, la météo est mauvaise pour les jours à venir. Il faudra attendre quelques jours à Saint-Joseph, MI.
St Joseph, MI 2003 09 03
Partis tôt ce matin, "avant le vent" comme dit
Vigneault. Les prévisions étaient favorables pour l'avant-midi
seulement, le temps de se rendre à Saint-Joseph, MI.
En cours de route, la Garde Côtière a révisé
les prévisions pour le reste de la journée: vent d'ouest
à 25 noeuds, vagues de 6 à 8 pieds. Une fois installés,
après notre tour en ville, voilà qu'on aurait dû
"bin dû, don dû" continuer jusqu'à New Buffalo MI, 20
milles plus au sud. Le vent n'a ni tourné, ni augmenté
comme prévu. Il eut fait beau. New Buffalo où Chicago,
plus tard? demain? peut-être! Ici, il n'y a pas de marina municipale
et les clubs de yacht ne prennent aucune réservation alors nous
sommes installés sur un long quai public sans service, en arrière
de la prison, tout près du centre-ville, avec allées
piétonnières et un beau musée d'art contemporain.
En partant ce matin, le GPS nous a fait défaut.
Il a perdu la mémoire. Faut vous dire qu'il a déjà
dix ans. C'est vieux pour de l'électronique. Après
plusieurs brassages et tappages sur sa cage, Serge a réussi à
le reprogrammer mais sans mémoire. Il fera l'affaire pour
un petit bout de temps encore. Mais à entendre le Bonhomme:
"le GPS est pas mal vieux, il n'a pas d'écran couleur, ni d'interface
Radar , cherchez en plus sur le marché, il n'y en a plus".
"Le prochain sera équipé d'un afficheur de cartes". Épisode
GPS à suivre....Une chance qu'on en a un portatif qui fera la job
jusqu'à la répartion.
St. Joseph/Benton Harbour MI, 2003 09 04
Aujourd'hui, question tempéraure: un
front froid se traine les pieds amenant avec lui un petit vent frais
du nord. Nous sommes dans un port partiellement protégé;
il y a une houle résiduelle qui entre plusieurs milles dans la rivière.
Le bateau prend le rythme de cette houle et tire continuellement sur ses
amares. Il n'y a rien à faire sauf attendre que le vent se
calme. Nous avons marché en ville, mis à jour notre
courriel à la bibliothèque, magasiné des cartes nautiques
et rendu visite à Dick et Ellen qui voyagent dans le même
sens que nous à bord d'un Chris Craft 42'. Ils sont accostés
plus près du grand lac, ça brasse aussi dans leur coin.
Vivement que le beau temps revienne, que nous quittions ce manège,
demain on devrait partir . On peut attraper les mouches à
la main, elles sont "gelées", elles viennent se réchauffer
dans notre cocon.
Michigan City IN, 2003 09 05
Bonne route, calme plat sauf le "swell". Arrivés
tôt, collés sur un long mur à l'abri de tous les vents
possible, en face d'un musée,sans permission: on va se faire
arrêter certainement par les autorités. Souvent les
musées en bordure de rivières offrent des quais de courtoisie.
On va les laisser venir. D'après des photos que j'ai vues, on voit
des bateaux accostés sur ce quai mais jusqu'à quelle heure?
Jusqu'à 20h. Le gardien est venu nous aviser que si on passait la
nuit nous serions plus confortables au port de plaisance avec tous les
services pour le même prix. On a convenu de rester ici et de partir
tôt demain matin pour Chicago. Sur le bras du gardien.
Marius, le frère du capitaine, arrive mardi à Chicago pour descendre les rivières avec nous. J'espère qu'il n'oubliera ni son bermuda ni son pyjama de flanelle pour la nuit. Et on annonce dans les 26-28, le jour, pour toute la semaine.
Hammond, IN 2003 09 06
Nous avons reculé l'heure hier soir, maintenant
heure centrale, jusqu'à Mobil, AL.
Pour réserver une place à l'entrée
de la rivière Chicago, directement au centre ville, là où
on payait les pamplemousses 1.50$ l'unité en 1998, ils demandent
200$ la nuitée, on va y penser. Hammond Marina, dix
milles au sud, demande 30$ par jour, on va prendre celle-là.
On ira au centre-ville en train.
Couchés
tôt, levés tôt, partis tôt et accostés
tôt: 11h30, à Hammond Municipal Marina, 1200 quais flottants.
Chicago est en arrière plan et si on regarde bien Tug For Two est
sur le premier quai en quatrième position vers l'ouest. Enfin,
fini le LAC. Nous serons ici, en banlieu de Chicago jusqu'à
mercredi, espérant que le frangin arrivera tel que prévu:
mardi 16h. Les cartes des rivières aussi. Le drapeau canadien
attire l'attention. Le monde veut en savoir plus sur notre voyage.
Nulle part, nous ne passons inaperçu. Plus d'une fois, entendons-nous:
"OH! le beau ti-tug vert". Ça devient harrassant à
la longue, surtout pendant les heures de repas. Je ne sais plus combien
de personnes ont voulu nous aider à trouver le moyen le plus facile
d'aller à Chicago. Le train Amtrack ou Rapid, l'autobus
de ville ou celle du Casino. Après vérification personnelle,
le moyen le plus efficace et facile: taxi jusqu'à la gare et de
là le train de banlieu, directement au centre-ville. J'ai
recommencé à patiner, c'est permis ici.
Journée tranquille. Micheline propose de donner une couche de verni aux trois portes de la cabine qui en ont grandement besoin. Ça donne un coup de fraîcheur à la petite maison. Le Cetol marin s'applique facilement et donne un beau fini au bois de teak. On va probablement vernir tout l'intérieur pendant le voyage. Micheline a lavé et Serge a peinturé.
Chicago,
IL 2003 09 07 AU 2003 09 11 Tour Sears
Visite de la ville, terrasse, 5 à 7,
placotage, ménage, peinturage, voilà ce que nous avons
fait pendant notre séjour près de Chicago. Bord de mer agréable,
très beaux et grands parcs, ville bien aménagée, propre.
Chicago, IL 2003 09 11
Enfin, nous quittons la marina plein comme un boudin.
Epicerie, eau, diésel et beau-frère. Pour les derniers
douze milles du lac nous nous faisons brassés par travers arrière,
la pire allure. Entrons dans l'écluse de Chicago vers
onze heures et faisons route jusqu'à 17h30. Tout le long du canal
nous rencontrons des remorqueurs qui poussent jusqu'à
15 barges: 3 de large par 5 de long, longueur totale, +- 1,000 pieds.
Après 40 milles dans le canal, nous constatons que nous pouvons
ancrer presque partout où se trouve une bouée. À
côté dans 10 pieds d'eau, les "tugs" viendront certainement
pas nous effleurer. C'est ce que nous avons fait hier soir et nous avons
bien dormi, toute la nuit. Ce n'est pas le lac Champlain mais je
crois qu'on trouvera des ancrages adéquats au besoin. Les
guides nautiques sont avares d'informations à ce sujet, ils ne donnent
que les marinas.
Rivière Illinois, IL 2003 09 12
Une pluie fine a lavé le bateau toute la journée.
Beau temps pour naviguer. Rendus à l'écluse Marseilles, temps
d'attente minimum deux heures, il fut décidé de retourner
à l'ancrage trois milles plus haut très près de la
rive. Toute la nuit, il a venté un peu de l'ouest, juste assez
pour que le capitaine et l'équipage ne dorment que d'un oeil. Le
passager a bien dormi. Redépart le 13 septembre en direction de
l'écluse de Marseilles. L'éclusier nous a fait passer
entre deux groupes de chalands. Nous nous sommes arrêtés
à Ottawa, IL, pour quelques biens essentiels tels bière,
gin, cinzano et rum blanc. Aussi une visite à la bibliothèque
pour un peu d'internet.
La rivière est beaucoup plus belle que ce qu'on pensait, tantôt industrielle, tantôt pastorale. Ce soir, nous avons trouvé à Hennepin, un endroit tout à fait mignon. 5 petits quais pour plaisanciers d'un jour avec descentes de bateaux. On peut passer la nuit ici. Demain, on pourra faire provision de gaz propane et autres choses utiles. Plus on s'éloigne des grandes villes, plus il y a de services disponibles. À Chicago, c'est le désert, rien à faire autre que passer et regader. Les guides nautiques ne parlent pas de ces petits ports mis en place par les municipalités où on peut passer la nuit et s'approvisionner. On peut accoster gratuitement pour quelques jours, il n'y a pas d'eau ni d'électricité mais nous sommes très autonomes. Cependant, nous sommes encore dans les nimbes en ce qui a trait à l'internet: impossible d'avoir du numérique sur le cellulaire.
Rivière Illinois, 2003 09 15
**Nouvelle importante ce matin. La jumelle,
Nicole, a été opérée pour un cancer du
rectum, ce matin, et tout c'est très bien déroulé.
Opération plus courte que prévue et rendue à sa chambre
j'ai pu lui parler même si elle était un peu confuse, "stone".
La tumeur cancéreuse a été enlevée et elle
n'aura besoin ni d'une stomie, ni d'aucun traitement spécial,
sauf de la radiothérapie. Plus aucune trace de cellules cancéreuses.
Elle a été soignée à temps.**
G.P. S. 2ième épisode (voir St Joseph
2003 09 03)
Il est réparé. Pendant que je faisais
le changement d'huile, Marius, mon frère, a remplacé
la pile d'alimentation de la mémoire interne. Les premiers essais
ont été assez décevants. Au bébut, le
GPS n'avait pas de mémoire, après le remplacement de la pile,
il ne fonctionnait plus. On a réparé deux fils que
j'avais cassés, connecté un cable à la mauvaise
place et brulé le fusible. Il a fallu enlever trois panneaux pour
le trouver et le remplacer, deux fois de suite. Tout est
OK , sauf que le GPS buzz au lieu de démarrer. Après
réflexion, on a tenté de remplacer la pile de 3 volts
par une pile de 1.5 volts. Surprise, ça marche. Au début,
il était pourtant équipé d'une pile de 3 volts, mystère.
Le GPS a manqué de justesse un beau voyage en Californie. Une chance
que Marius est avec nous.
Mouches de maison: Vous ne le croirez pas. Il y a des mouches de maison dans le bateau alors on les appelle les mouches de bateau. Spécialement sur les heures de repas. Elles viennent de partout, les maudites. Ça prend des collants à mouches comme dans l'ancien temps, des moustiquaires, de la tapette à mouches et des serpentins à intoxiquer. On a gagné la guerre pour aujourd'hui. Ce sont les mouches que Roberto nous avait promises.
Peoria, IL 2003 09 16
Ça fait déjà une semaine que
nous sommes sur la rivière Illinois et c'est pas mal beau et intéressant.
On se croirait sur la rivière Hudson au nord de New-York. Le temps
est superbe: 6C la nuit et 26C le jour. Marius, a chaud. Les chasseurs
commencent à préparer leur cache pour la chasse aux oiseaux
aquatiques. Ce soir, nous sommes au quai public de Peoria, IL.
Tranquille comme un centre-ville un mercredi soir après cinq heures.
Micheline a trouvé du pain, j'ai trouvé du diésel
à Beardstown, 80 milles plus bas. Pour le souper nous aurons du
poulet à la Guylaine.
Rivière Bath Chute, 2003 09 17
Au milieu de nulle part, entre Peoria et Beardstown.
Entre les deux villes, que des industries, par ici le grain est roi.
Ça sent le whisky. Nous sommes à deux jours du Mississippi,
un peu en avance sur les prévisions. Encore un bon souper de boeuf
à la façon d'Aline, suivi de la guerre aux mouches
de cuisine en lavant la vaisselle . Il en entre par groupe
d'environ 50 dans la cabane à l'heure du coucher du soleil.
Après souper les ti-gars ont enfumé le carré, sont partis admirer Mars, Casiopé, l'Etoile polaire et compagnie et m'ont carrément abandonnée dans la fumée. Je suis partie me coucher, il était à peine vingt heures.
Beardstown, 2003 09 18
Une fois passée Peoria, direction Beardstown,
pour remplir les réservoirs de diésel à la marina.
Malheureusement, il n'y a plus de marina depuis 2 ans donc plus de diésel.
Qu'est-ce qu'on fait? On marche avec les bidons vides en ville, avec
un air égaré. Un bon samaritain, pompier et para-médic
de profession, va nous aider à transporter 50 gallons de diésel
avec sa camionette. C'est la seule façon. D'ici au Mississippi,
c'était le seul endroit annoncé dans les guides pour avoir
du diésel et il faut le trasporter à bras, pas terrible.
Ce soir, nous avons réglé définitivement le sort des mouches de bateau. Nous avions à bord des "nets" de carosse de bébé, au cas ou, il y aurait des mouches. Serge a posé des petits clous dans les coins des portes pour accrocher les moustiquaires. Ça fonctionne, nous avons mangé tranquillement sans se soucier des mouches. Le spaghetti était meilleur.
Partis de Beardstown ce matin, l'air frais et sec, suite au passage d'un frond froid qui a dissipé la chaleur et l'humidité d'hier pour le grand bonheur de tous, de Marius en particulier. La rivière, devenue sauvage, de moins en moins d'industries et de plus en plus de verdure. Nous avons jeté l'ancre près de l'île Wing, 40 milles du Mississippi. Le site est qualifié avant l'apéritif de: écoeurant, bucolique, idyllique, champêtre, agreste. Un fond vaseux, idéal. On devrait bien dormir. Marius commence à se trouver loin de chez lui, il dit que plus il est loin moins il est moins baveux.
Wing Island, 2003 09 20
Ce matin, à l'ancre, nous nous sommes
levés nulle part tellement la brume était épaisse.
Le soleil en est venu à bout vers 9:30 heures. Journée
paisible, fraîche, pour finir les 30 derniers milles de la
rivière Illinois et coucher au Père Marquette State Park
avant de tomber "boum" dans le Mississippi à sept milles plus bas.
Pour arriver au parc, l'entrée n'a que 4 pieds de profondeur d'eau,
avec notre petit tug, on peut aller sentir presque partout. Plusieurs nous
envient.
Pere Marquette State Park, 2003 09 21
En partant du Parc du Père Marquette ce matin,
nous dépassons un convoi de 15 chalands qui descend la rivière
Illinois. À quelques milles plus loin, on entre dans le Mississippi
avec le vent du sud qui s'anime, les vagues qui se forment. Le gros convoi
qui prend de la vitesse nous redépasse, suivi d'un autre petit
convoi de deux chalands qui double tout le monde par la gauche, la
broue dans le toupet...te. Je pensais changer de régime en changeant
de rivière mais je ne m'attendais pas à autant d'actions.
Une fois les convois au loin, nous poursuivons la route jusqu'à
Alton, à la marina municipale, à un quai couvert, à
l'abri de la pluie et du soleil. Donc il fait sombre dans le bateau, on
doit allumer les lumières en plein jour.
3 mois déjà que nous sommes partis. Et Nicole est sortie de l'hopital et commence une nouvelle vie.
Alton, 2003 09 22
Le temps passe très vite. Journée
à quai pour quelques courses en ville; lunch, bibliothèque
(internet) et épicerie. De retour de la ville, j'ai fait le
plein d'eau potable, lavé le pont et les cabines. Micheline
est allé dans le "hot tub" pas longtemps, elle était seule.
Comme vous pouvez le constater , tout au long du voyage, il ne se
passe pas grand chose sur la rivière: le soleil brille, les
poissons sautent, les papillons Monarque émigrent vers le Mexique,
les hérons bleus font les beaux, les aigrettes cendrées se
camoufllent dans les parages et on regarde passer les chalands.
Passons
St.Louis, Missouri avec un courant de 2 noeuds nous menant comme de
Montréal à Sorel. Aucune place pour ancrer ou accoster.
Aucune marina, ni quai public. Nous passons le "Gateway Arch"
que nous nous dépêchons de photographier avant de glisser
plus loin dans la rivière en plein trafic de barges de tous bords
et de tous côtés. Laissez-moi vous dire que le
Mississippi est très achalandé à cet endroit.
Nous arrivons à Hoppie's Marina sur Water Point vers 13:30H.
C'est la seule marina dans le coin et c'est super, genre poste de gaz sur
la route 66. Il s'agit d'une série de vieux chalands attachés
le long de la rive. Un chaland sert de quai de service, un autre de débarcadère
et ainsi de suite. Les gens sont très accueillants et nous
indiquent tous les endroits propices pour arrêter d'ici à
la rivière Ohio. Micheline a eu comme un choc socio-culturel.
Elle doit être snob, elle s'attendait à mieux.
Mississippi River, millage 78
À l'ancre près de la rive, à
l'abri des chalands: passable mais sécuritaire. L'ancrage
indiqué par les gens de Water Point n'est pas accessible, la rivière
est trop basse. Nous avons parcouru 81 milles, un record avec le
courant , nous avons poussé des pointes à 11 MPH. Le
père Marquette va se retourner dans sa tombe.
Il reste 78 miles à parcourir avant la jonction
de la rivière Ohio. On devait être là demain.
Avant d'aller au lit, on a vu des grosses touées
de deux mille pieds de long par 300 pieds de large. Un des remorqueurs
poussait 30 barges, 6 barges de large par 5 de long. Chaque unité
mesure 50' par 300'. Après la nuit tombée, nous avons
eu droit à "show" son et lumière incroyable. Trois
touées manoeuvrant dans un détour. Chaque capitaine
aux commandes de 4 énormes projecteurs très puissants (américain)
pour localiser les bouées et les panneaux sur la rive. Ils
communiquent entre eux sur le canal 13 VHF pour faire connaître leurs
intentions. Il s'agissait de laisser la voie libre à 4 ou
5 convois qui descendaient le courant. La courtoisie et le calme sont de
rigueur pour naviguer ces monstres sur une rivière étroite,
sans contrôleur. Marius a regardé le spectacle jusqu'à
la fin et a failli être dévoré par un putain de tigre.
Mississippi River, millage 7, 2003 09 25 ,
Aujourd'hui c'est la fin de ce long fleuve achalandé.
Beaucoup de trafic commercial en passant par le charbon, la pierre,
le sable, le blé de l'ouest et le coton du sud avec un courant
de 2 et 3 noeuds par l'arrière. Ça y allait pendant
les 217 milles de cette partie du voyage. Cet après-midi, 15 heures,
ancrés avec trois autres descendants.
Ohio River, millage 953, 2003 09 26
Toute la journée à remonter la rivière
Ohio, à 3 ou 4 milles à l'heure avec des pointes à
2,7 milles à l'heure, le courant est contraire. C'est long à
regarder passer les remous de long de la coque. Nous sommes arrivés
au millage 953 à 25 milles de Paducah où nous pourrons
refaire la provision de rum. À l'embouchure de l'Ohio, les rives
sont invisibles tellement il y a de chalands ancrés de chaque côté.
Le volume de trafic maritime est impressionnant. Toutefois, rien pour les
petits bateaux de plaisance depuis Water Point.
Paducah, 2003 09 27
Petite bourasque la nuit dernière. Levés
vers minuit vingt avec des forts vents du nord-ouest contraires au
courant. La combinaison idéale pour faire rouler le bateau
de travers aux vagues. Impossible de dormir, faut se ternir, tout
veut tomber et les cliquetis du garde-manger en énervent plus
d'un. Serge cherche ce qui brasse à sa tête-de-lit et
finit par le trouver: une pile AA, il l'a trouvé à cinq heures
ce matin. Le vent a cessé et on tombe finalement endormis vers deux
heures du matin. À 6:30, en route pour une autre petite journée
lente sur l'Ohio. Les barrages sont inondés par les pluies des derniers
jours, l'ouragan Isabelle; le courant est fort.Nous passons donc par dessus.
Pour une courte période nous avancons à 1.6 mille à
l'heure.
Accostés sur des quais de fer à Big E Marina de Paducah, au centre-ville, en plein festival d'artisanat et de bonnes oeuvres pour les Kiwanis, les Lions, les équipes de football, les pompiers et les gardes-côte, avec de gros B.B.Q installés partout dans la ville. C'est le party toute la fin de semaine. Activités pour tous les goûts: golf sur la rivière, lancer du cable sur une bite d'amarrage, aquarium installé sur le trottoir avec 2,200 gallons d'eau et 130 poissons disponibles dans la rivière, visite d'un chaland équipé d'une grue, musique country, hamburger, frites et hot dogs évidemment.
Il
y a comme presque partout sur les bords du Mississippi et de l'Ohio, des
murs anti-inondation d'une vingtaine de pieds au-dessus du niveau de la
rue. Celle-ci est déjà plus haute de 30 pieds
du niveau de la rivière. Ces murs en ciment gris côté
rivière et, côté ville, les
artistes ont peint d'énormes fresques relatant l'histoire socio-économique
de la ville: chargement de charbon, transport de passagers, agriculture,
guerres, fêtes nationales, réparation de bateaux, etc.
très impressionnants, jolis et de toutes les couleurs.
Comme le mur a quelques milles de long, avis aux artistes, il reste encore
plusieurs panneaux à décorer. Avec l'entrée
de la rivière Ohio, prend fin le suivi de l'exploration du Père
Marquette pour nous. Lui, il a continué vers le sud et nous
on se dirige plus vers l'est en contournant le Mississippi par le
Tennessee que nous avons pris ce matin. Nous y serons pendant un
mois.
Grand Rivers, Ky 2003 09 28
Le début de la Rivière Tennessee ramène
la navigation plus facile des petits cours d'eau. Après l'écluse
du lac Kentucky avec une attente de 3 heures, nous sommes arrêtés
à Grand Rivers, KY, une jolie petite ville de quelques centaines
d'habitants. Micheline a fait son internet au bureau du maire et
Marius a eu les clefs du centre des loisirs pour ses desoins en informatiques.
La marina est bien équipée et confortable, rien à
voir avec le Big-E de Paducah. À partir d'ici, on est en "vacances".
La route sera plus favorable à la navigation de plaisance.
Aujoud'hui nous avons eu droit à du vent froid du nord, le genre
de vent qui met fin à l'été au Québec, mais
ici l'été continuera pour quelques jours encore.
2003 09 29
Grasse matinée, long déjeuner,
dîner au restaurant, épicerie chez IGA, visite aux douches,
coucher de soleil derrière le brise-lames, ce fut la journée.
Ça c'est l'aventure.
Tennessee River, Ky, 2003 09 30
Rien de spécial, navigation facile sur ce long
fleuve tranquille. Le lac Kentucky a environ 125 milles de long avec
une baie bien abritée à tous les milles ou deux.
Les rives sont très peu peuplées. Un véritable
paradis. De Grand Haven, MI à Kentucky Lake, KY. Ce fut le
mois de septembre.
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