Journal de bord
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De Jacksonvile à Hollywood
Le 3 novembre à 8:00h Tug For Two est en route à destination de Hallandale. Le premier arrêt sera à Saint-Augustine. Le temps est idéal et tout va bien. Je suis un peu nerveux, un bateau inconnu et le matériel quelque part à bord. On arrive à destination vers quatorze heures et après quelques manoeuvres on trouve une place à l'ancre. En route Micheline a fabrique 15 rideaux contre le soleil avec la machine à coudre portative empruntée à Josée. L'onduleur de bord, d'une capacité de deux kilowatts, fabrique le courant nécessaire, je suis très heureux de la performance de cet équipement. J'avais des réticences à utiliser ce genre de bibitte. Demain on doit visiter un voilier à vendre pour un ami intéressé. On doit lui faire rapport sur l'état du navire. St-Augustine est un endroit familier que nous apprécions beaucoup pour son cachet espagnol et ses quelques restaurants agréables. Après une journée de marche en ville pour voir le voilier en question et arpenter le centre-ville on rentre à bord en youyou. La soirée est tranquille et la nuit sans histoire, à l'ancre on ne sait jamais de quoi la nuit sera faite.
Le lendemain matin c'est le départ pour Daytona Beach. La navigation dans le canal Intracostal est agréable. C'est notre troisième passage et de bons souvenirs de 1994 et 1996 refont surface. La journée passe vite et nous arrivons à destination à 16:00h. Nous jetons l'ancre à la balise 32. C'est un terrain connu, nous avons passé une semaine mémorable ici en 1994, nous avions remplacé le réfrigérateur du OC qui nous causait des problèmes depuis des années.
Le 6 novembre après le plein de diésel c'est reparti pour Titusville. Avant le départ on cherche pourquoi le plancher de la chambre est mouillé. On trouve la bouteille d'eau de javel coincée sous le lavabo et percée par un collet. Une autre place où il faudra installer des tablettes. Depuis quelques jours, Micheline me faisait remarquer de ça sentait le chlore en avant mais... Arrivés à Titusville au milieu de l'après-midi. Alors que le moteur tourne au ralenti il nous donne une alarme de haute température qui s'en va comme elle est venue et quand la température revient à la normale je ferme tout. On verra plus tard.
Il est assez tôt pour aller à l'épicerie. C'est une espèce de grande surface pleine de gens déprimants, lire gros et sales, comme on a jamais vus. On retourne à bord au plus vite. Dans la soirée je découvre un problème majeur au système de vidange du réservoir septique et naturellement il est plein au ras bord. Il faut remplacer une soupape cassée en position fermée. Trop tard, rien à faire ce soir. On essaie tant bien que mal de placer les victuailles dans le bateau et avec la vaisselle du souper à laver il y a des choses un peu partout, pas de place. Le moral est au plus bas. On dort là-dessus. Le demain matin, je pars à la première heure pour trouver une nouvelle soupape pour la dite toilette. Pas de voiture, tout est loin, mais je trouve un "plumbing" à quinze minutes du port et reviens avec ce qu'il faut pour tout remettre en ordre. Il y a une incompatibilité de filets et je dois retourner au magasin. En montant dans le youyou, plouck! la soupape est au fond de l'eau et sans dire un mot je continue ma route. Micheline en a assez et n'a pas besoin de savoir ça. Je reviens avec les bons filets mais le fournisseur n'a plus de soupape et je la remplace par un tuyau. La soupape n'est pas vitale. Micheline remarque que je ne pose pas de soupape et je dois lui raconter l'histoire du plouck! mais comme tout est réparé ça passe mieux. Avec la toile vénitienne par dessus bord à Jacksonville on est un à un. A mon deuxième voyage en ville j'ai rapporté de l'antigel. Il en manque dans le moteur et je constate qu'en le remplissant qu'il y a de l'air dans le circuit. Il manquait deux litres. J'espère qu'il n'y a pas d'autres surprises... A 13:15h , on continue la route vers le sud et le prochain stop sera Cocoa vers 17;00h.
L'arrêt à Cocoa nous permet un bon repos. Le moteur ne chauffe plus au ralenti et le réservoir septique fonctionne bien. Le 8 novembre à 7:30h c'est le départ pour Vero Beach, une longue et belle journée sur Indian River sans autre "histoire" que les multiples gros bateaux qui font beaucoup de vagues, c'est monnaie courante dans cette région. A 16:15h on fait le plein de fioule et d'eau douce à Vero Beach City Marina et on passe la nuit au tangon après un bon souper comme c'est la tradition, Micheline fait la cuisine comme un grand chef.
Le 9, j'ajoute encore un peu d'antigel et on part sans but précis. Vers quatorze heures, on s'arrête dans un magnifique ancrage, Peak Lake, à quelques milles au sud de Sainte-Lucie. Une fois ancré je m'occupe de couper la porte de la grande armoire qui ouvre à moitié bloquée par l'escalier. Plus facile que de déplacer l'escalier. Une des multiples améliorations à venir.
Le 10 à 7:45h départ vers le sud encore sans destination précise. On passe une bonne journée, très peu de bateaux. Ici, c'est le trafic maritime qui détermine les conditions de navigation car on est dans un canal protégé et la météo ne nous affecte pas beaucoup. On jette l'ancre à Lantana au sud-ouest du pont, il est 14:00h. A cette heure, j'ai le temps de modifier les pattes de la table pour la solidifier et donner un meilleur accès aux équipets sous le siège dont les panneaux n'ouvraient qu'à moitié.
Le 11, toujours du même mois à 07:15h, départ pour la destination finale ou presque. On est de plus en plus dans la grosse gaffe. Beaucoup de trafic. On arrive à SeaFair Marina de Dania à 12:30h. On s'accoste à un quai sans service pour quelques jours, le temps de trouver un endroit plus convenable pour passer l'hiver dans la région. La voiture est encore à Jacksonville, on ne bouge pas beaucoup la première journée. Le samedi, on appelle Gilles Martineau qui devait prendre la voiture à Jacksonville et la ramener à Fort Lauderdale samedi le 11 mais qui sait...? Gilles est arrivé et il a notre voiture et il doit venir nous la livrer en fin d'après-midi. Facile n'est-ce pas.
Le dimanche suivant, le 12, nous avons trouvé une marina neuve avec des pontons libres à un prix abordable. Le lendemain, on déménage à notre nouvelle adresse qui deviendra notre port d'attache pour les prochains mois. C'est un endroit bien protégé, propre et avec tous les services. On ne peut demander mieux. Ça prend une voiture car on est au milieu de nulle part; c'est le seul inconvénient mais ça apporte la tranquillité et la sécurité.
Maintenant, faut s'installer. L'internet sera le moyen de communication pour le moment. C'est facile car la marina nous fourni des lignes téléphoniques sur le balcon et on peut "browser" au besoin. On reprend contact avec les amis et on fait le tour des magasins de matériaux dont on pourrait avoir besoin. La vie terrestre reprend son cours.
Le voyage de plus de trois cent milles à bord de Tug For Two a été très agréable. Le bateau navigue doucement à six noeuds et il répond bien aux commandes. Je suis très satisfait du comportement.
Ma principale occupation sera de faire le tour de ce petit bateau que tout le monde trouve joli et cool. C'est une opinion que je partage, c'est d'ailleurs pour cette raison que je l'ai acheté. Vu de l'intérieur, c'est une autre affaire. Il manque beaucoup de commodités qui rendent la vie facile et agréable pour tout le monde. Il reste à voir aussi les fuites d'eau de pluie car depuis qu'on est à bord il n'a pas plu et un jour ou l'autre ça va nous tomber dessus.
Le coin cuisine a besoin d'une révision majeure et pour le moment on garde le poêle Origo 3000 et le four micro-ondes. C'est le réfrigérateur qui cause des maux de tête à Micheline. Ça demande réflexion.
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